
Un changement en cours de chantier, c’est normal. Ce qui coûte cher, c’est un extra mal évalué ou mal documenté : il retarde le paiement et finit parfois en réclamation. Voici comment on bâtit un prix d’extra qui tient la route, côté entrepreneur comme côté donneur d’ouvrage.
1. Définir ce qui change, par rapport au contrat
Avant tout chiffre : qu’est-ce qui était prévu aux plans, au devis et aux addendas, et qu’est-ce qui est nouveau ? Un extra se mesure toujours par rapport à la portée du contrat. Sans cette base, la discussion tourne en rond.
2. Mesurer les quantités
Comme pour une soumission : quantités ajoutées, quantités retirées, et travaux à défaire ou à reprendre. Un crédit pour les travaux retirés fait aussi partie du juste prix.
3. Les coûts directs
- main-d’œuvre, au taux du secteur visé par le projet ;
- matériaux, livraison comprise ;
- équipement et location ;
- sous-traitants, avec leur propre soumission détaillée.
4. Les coûts indirects et le temps
Un changement peut prolonger le chantier ou désorganiser la séquence des travaux. Frais de chantier prolongés, perte de productivité, travaux en saison froide : ces coûts sont réels, mais ils doivent être démontrés avec l’échéancier et les registres de chantier.
5. Administration et profit
Le contrat prévoit souvent les pourcentages applicables. À défaut, ils doivent être raisonnables et cohérents avec la soumission initiale.
6. Documenter, toujours
- la directive de changement ou la demande écrite ;
- les photos, les registres de chantier et les feuilles de temps ;
- les soumissions des sous-traitants et des fournisseurs ;
- un tableau clair : quantités, prix unitaires, total.
Quand ça ne s’entend pas
Un regard indépendant aide souvent à débloquer la situation : une évaluation basée sur les quantités et les prix du marché, sans parti pris. C’est ce qu’on fait pour les avocats et leurs clients lorsqu’un dossier de construction se complique, et pour les donneurs d’ouvrage qui veulent valider un avenant.
Faut-il faire approuver un extra avant de l’exécuter ?
C’est fortement recommandé, et souvent exigé par le contrat. Une approbation écrite, même avec un prix à confirmer, évite bien des disputes.
Un extra peut-il être payé en temps et matériaux ?
Oui, si le contrat le permet. La clé est alors la documentation quotidienne : heures, matériaux, équipements, signés par les deux parties.
Cet article est de nature générale et ne constitue pas un avis juridique.





