Construire dans le Nord : ce qui fait le prix d’un projet au Nunavik et au Nunavut

Construire dans le Nord : ce qui fait le prix d'un projet au Nunavik et au Nunavut

Au Nunavik comme au Nunavut, un même bâtiment peut coûter plusieurs fois plus cher qu’au sud. Les quantités ne changent pas : ce qui change, c’est tout ce qu’il faut pour les livrer et les mettre en place. Une estimation sérieuse dans le Nord commence par la logistique.

1. La barge décide de votre calendrier

Les 14 communautés du Nunavik n’ont pas d’accès routier. Les équipes, l’équipement et les matériaux arrivent surtout par les barges d’été, quelques passages par saison. Un matériau oublié sur la liste d’expédition peut coûter une saison complète, ou un transport aérien hors de prix. Dans l’estimation, la date limite d’expédition est aussi importante que la date de fermeture.

2. Une saison de construction courte

La fenêtre de travaux est brève. Il faut prévoir la productivité réelle, les abris et le chauffage temporaire, les heures prolongées et le risque de reporter une partie des travaux à l’année suivante, avec l’entreposage et la protection qui vont avec.

3. Le carburant

Le diesel arrive lui aussi par barge. Il fait rouler les chargeuses, les camions et toute la machinerie. Une pénurie locale peut arrêter un chantier : la disponibilité du carburant se planifie et s’estime.

4. Hébergement et rotations

La main-d’œuvre vient souvent du sud. Il faut estimer les vols, l’hébergement, les repas et les rotations des équipes, en plus des salaires. On tient aussi compte des entreprises et de la main-d’œuvre locales, et des exigences propres à chaque communauté.

5. Les sols et le terrain

Dans certaines communautés, le terrain disponible est rare ou mal adapté à la construction. Les fondations doivent tenir compte des sols gelés et de leur comportement. L’étude géotechnique est essentielle avant de fixer un prix.

6. Ce qui se passe au sud se sent au nord

Un retard dans un port, un feu de forêt ou une hausse des coûts au sud se répercute directement sur un chantier nordique. L’exemple de l’école de Quaqtaq, approuvée à 60 M$ et passée à 200 M$ après la pandémie selon Kativik Ilisarniliriniq, montre à quel point les écarts peuvent être grands.

Comment on estime un projet nordique

  • une prise de quantité normale, puis une liste d’expédition complète, avec poids et volumes ;
  • des pertes et des surplus prévus pour ce qui ne peut pas être remplacé rapidement ;
  • le transport, le carburant, l’hébergement et les rotations comme postes distincts ;
  • des contingences justifiées et des hypothèses écrites noir sur blanc.

On a estimé des projets comme l’usine de traitement d’eau d’Arctic Bay et le South Central District de Chisasibi. Voyez aussi notre service d’estimation en génie civil.

Combien coûte un projet dans le Nord par rapport au sud ?

Ça dépend de la communauté, de la saison et du type de projet. Les écarts sont importants, d’où l’intérêt d’une estimation détaillée plutôt que d’un simple facteur appliqué à un prix du sud.

Source : Radio Canada International, Eye on the Arctic, The challenges of construction in the North: Spotlight on Nunavik.

Similar Posts